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Nous ne pouvons que mettre en garde ceux qui ne possèdent
pas une réelle expérience du sujet contre la tentation
de restaurer eux-mêmes des uvres ou des objets d'art,
en général, et des mécanismes, en particulier.
La restauration ne se résume pas à la simple application
d'une suite de gestes techniques. Elle est un acte tout aussi culturel
que le bien dont elle s'occupe et implique une démarche tout
autant intellectuelle que manuelle. Au delà d'une déontologie,
elle doit être guidée par une éthique dont le
respect de l'identité de l'objet et le souci de sa pérennité
constituent les principes fondamentaux. Même pour un professionnel,
la restauration est faite de doutes, de questionnements, de choix
pesés, documentés et raisonnés. Aucune technique
ne peut être employée si elle ne fait pas partie de
la culture même de l'uvre ou de l'objet concerné.
Enfin, entre deux techniques, la moins interventionniste doit toujours
être préférée.
Paradoxalement, de nombreux objets d'art n'ont survécu que
parce qu'ils ont été oubliés. Leur redécouverte
à souvent signifié, sinon le début de leur
perte, du moins celui d'une dégradation non naturelle. Des
dégâts irréversibles leur ont été
infligés par l'application de traitements inappropriés
ou dont la stabilité dans le temps n'était pas suffisamment
établie. Combien d'interventions malencontreuses dues à
l'ignorance ou à la présomption, n'ont-elles pas fait
disparaître à tout jamais des traces indispensables
à la compréhension de l'histoire des objets ?
Pour ce qui est des mécanismes, une apparente simplicité
engage peut-être certains à se lancer dans leur réparation,
comme ils disent. L'exemple, entre autres, de mouvements de pendules
fatigués, aspergés d'huile, ne relève pas de
la caricature, c'est une réalité constatée.
De telles procédés sont hélas parfois encouragés
par les dires de pseudo-experts qui tendent de minimiser l'importance
des actions à mener. Lorsque l'on sait qu'en réalité
ce sont des dizaines, voir des centaines d'heures de travail qu'il
faudra parfois y consacrer, de telles affirmations ne sont qu'une
pure négation des valeurs intrinsèques du métier
de restaurateur.
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Le pâtissier du Palais-Royal

Corps de l'Arlequin avant restauration

Le même corps après restauration

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