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Les automates (2)

En France, au début du XVIIIe siècle, Jean Truchet, dit " le père Sébastien ", fit des tableaux mouvants, tout en s'intéressant aux prothèses mécaniques de membres. François-Joseph de Camus présenta à Louis XIV un petit carrosse qui accomplissait tout un parcours sur une table.

Jacques Vaucanson a véritablement ouvert la voie à l'automate moderne. Voltaire l'appela le " Nouveau Prométhée " et André Doyon et Lucien Liaigre qui lui ont consacré une remarquable biographe, le qualifièrent de " mécanicien de génie ".Il sut, par les thèmes qu'il a choisi, transcrire avec beaucoup d'opportunisme les interrogations de son temps sur l'homme-machine et y apporter, en partie, certaines réponses. En 1738, Le Flûteur automate abordait la maîtrise du souffle et du son. Nous avons consacré une étude à cet automate et démontré, à l'aide d'un prototype de faisabilité, la possibilité de faire jouer une flûte par une mécanique, en suivant les indications de Vaucanson. Cette recherche a reçu le soutien de la section " musique et danse " du Ministère de la Culture. Le joueur de galoubet traite du souffle et du rythme et enfin, Le canard, par un subterfuge chimique, pose les principes de la digestion.

Dans le milieu du siècle, les Jaquet-Droz, célèbres horlogers-mécaniciens suisses, ont suivi dignement les traces de Vaucanson. Ce dernier aurait dit à l'un d'eux : " Monsieur, vous commencez par là où j'aurais aimé terminer ". Ils construisirent notamment trois automates fameux, aujourd'hui conservés au Musée d'Art et d'Histoire de Neuchâtel. L'écrivain et Le dessinateur sont respectivement capables d'écrire des textes et de tracer des dessins programmables à volonté. Cette notion de programmation était nouvelle pour l'époque. Le troisième automate, la musicienne, joue d'un petit orgue avec ses propres doigts.

Juste avant la Révolution, Kinzing, reprit le thème de la musicienne mais en fit La joueuse de tympanon, aujourd'hui visible au Conservatoire des Arts et Métiers. On dit que le mécanicien donna au visage de son automate les traits de Marie-Antoinette à qui il était destiné.

Sous le Second Empire, l'émergence des grands magasins et de leurs nouvelles techniques de vente, qu'Émile Zola a si bien dépeint dans Au bonheur des dames, ont permis la diffusion à plus grande échelle du jouet-automate ou de l'automate-jouet qui prit une revanche bourgeoise sur ses prédécesseurs princiers. L'enclos du Temple et ses alentours avaient depuis des siècles attiré une faune artisanale qui fut à l'origine de " L'article de Paris ". Au sud du quartier, dans le Marais, après la vague d'adjudications post-révolutionnaire, de nombreux hôtels particuliers furent investis par de petites industries. Profitant de la présence d'autres façonniers utiles à leurs créations ainsi que d'une main-d'œuvre fortement spécialisée, de nombreux fabricants d'automates vinrent y implanter leurs ateliers en n'hésitant pas à " s'emprunter " mutuellement leurs sources d'inspiration nourries des scènes du cirque, des spectacles de la rue ou encore de la magie.


Le Flûteur automate
de Vaucanson

 


Le Canard

 


Le Joueur de galoubet
et de tambourin

 


Ecriture de l'écrivain
des Jaquet-Droz

 


Dessin du dessinateur
des Jaquet-Droz


Joueur de flûte
de Théroude

 

   

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